2025 年 127 巻 p. 63-76
L’apologétique de Montaigne
les usages des loci communes dans l’« Apologie de Raimond de Sebonde »
Yoshio YAMAMOTO
Notre étude consiste à remettre en cause la rhétorique de Montaigne en relation avec les loci communes de la Renaissance. Il est difficile de dire que Montaigne a possédé un cahier des lieux communs, que les étudiants au XVIe siècle ont souvent pratiqué. Nous allons donc aborder la pratique des lieux communs chez notre essayiste par un autre biais.
Rappelons d’abord qu’Érasme préconise fortement de graver les sentences, c’est-à-dire les loci communes, à l’endroit de la maison où se rencontrent souvent les yeux. Bien influencé de l’idée érasmienne, le plafond de la ‘‘librairie’’ de Montaigne renvoie au lieu illustré par les sentences, et dont la plupart est effectivement employée dans le chapitre II, 12, « Apologie de Raimond de Sebonde ».
Dans ce chapitre, nous voyons également les usages d’un autre loci communes, lieux communs issus de la rhétorique traditionnelle, qui amplifient le sujet traité, et mènent l’auditoire à la persuasion.
Montaigne sert bien de ce type de lieux communs dans sa discussion, mais en même temps il n’oublie pas à recourir aux sentences du pyrrhonisme, peintes sur les poutres de sa bibliothèque. Il tente de corroborer la foi catholique par cette philosophie grecque. Montaigne utilise ainsi l’arme toute rhétorique, à savoir deux loci communes, pour faire ressortir la grâce divine qui, seule, certifie la Vérité.