ミシェル・アンリ研究
Online ISSN : 2189-6836
Print ISSN : 2185-7873
第一哲学としての美学
ジロー ヴァンサン
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2016 年 6 巻 p. 73-110

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抄録

L’enjeu pour la phénoménologie d’accéder au statut d’une « philosophie première » a été illustré de diverses façons, tant chez Husserl que chez Lévinas. La phénoménologie matérielle de Michel Henry (1922-2002) n’est pas étrangère à ce projet. La thèse ici avancée est que la radicalisation de la réduction phénoménologique mettant au jour le travail de l’affectivité transcendantale se traduit cette fois par un privilège de l’esthétique. Cette dernière, conçue comme mode de donnée des objets à un soi éprouvant, se résout finalement en tonalités immanentes dont l’examen relève d’une analytique de l’affectivité. Au fil d’analyses qui prennent en considération aussi bien le donné sensible le plus quotidien que l’expérience de l’oeuvre d’art (notamment Kandinsky, à qui Henry consacra un ouvrage), le concept de « tonalité affective » s’impose ainsi comme le terme dernier atteint par l’enquête phénoménologique à la recherche du fondement de l’apparaître. Ce qui est conquis, au terme de ce qu’il faut alors nommer une véritable « universalisation de l’esthétique », c’est le terrain d’un échange incessant entre le moi et le monde, passage reposant en dernière instance sur une matière affective qui précède le travail de la représentation. En substituant à l’inventaire des catégories de l’être la prise en compte de « catégories esthétiques » immanentes et tonales, la pensée de Michel Henry s’impose finalement comme ouvrant la voie à un possible dépassement esthétique de la métaphysique.

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© 2016 日本ミシェル・アンリ哲学会
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