Bulletin d'Etudes de Linguistique Francaise
Online ISSN : 2432-0668
Print ISSN : 0286-8601
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Volume 13 , Issue 1
Showing 1-14 articles out of 14 articles from the selected issue
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Articles
  • Akihiko OHNO
    Volume 13 (1979) Issue 1 Pages 1-13
    Released: September 14, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    La règle que nous appelons ici "Conversion de que en qui (CQQ)" a été proposée indépendamment par GROSS (1968) et MOREAU (1971) afin de traiter certains problèmes syntaxiques du français différents du nôtre (voir la bibliographie). Elle consiste à transformer la conjonction que en qui dans le contexte préverbal, soit
    CQQ : que → qui / —V
    Nous avons montré dans cet article que la même règle joue un rôle décisif dans la dérivation d'une série de pronoms interrogatifs dite composée telle que qui est-ce qui, qu'est-ce qui, etc. Elle peut en effet rendre compte de l'alternance entre que et qui à la fin de chaque pronom interrogatif en question. Comparez à titre d'exemple la dérivation de qui est-ce que avec celle de qui est-ce qui.
    (I) qui est-ce que :
    (1) est-ce que [s Jean a rencontré qui]? →<WH-MVT>
    (2) qui est-ce que [s Jean a rencontré]? →<CQQ> (inapplicable)
    (II) qui est-ce qui :
    (3) est-ce que [s qui a dit ça]? →<WH-MVT>
    (4) qui est-ce que [s a dit ça]? →<CQQ>
    (5) qui est-ce qui [s a dit ça]?
    A première vue il paraît qu'il n'y a rien d'incovénient jusqu'ici. Pourtant si l'on examine de plus près la phrase engendrée à la fin de la seconde dérivation (cf. (5)), on reconnaîtra un problème épineux : pourquoi est-elle acceptée comme grammaticale, quoique dépourvue de sujet de la proposition subordonnée?
    Notre approche consiste à postuler une règle de réanalyse qui tient la structure telle que (5) pour une proposition relative dont le sujet est le morphème qui, introduit par CQQ. Autrement dit, nous pensons que CQQ est une règle de déguisement qui a pour fonction de camoufler l'absence du sujet subordonné authentique en créant un pseudo-sujet épelé qui. (Sinon la structure sous-jacente bien-formée telle que (3) n'apparaîtrait jamais comme une phrase bien-formée.)
    Cette analyse a double avantage. Elle peut d'abord rendre compte de tous les autres cas où est invoquée l'application de CQQ. D'autre part, elle nous aidera à comprendre, voire à expliquer pourquoi une telle règle existe en français. Ajoutons enfin qu'il serait fort intéressant de voir s'il se trouve dans la même langue d'autres phénomènes comparables à CQQ et à la règle de réanalyse qui y est associée.
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  • Tsuyoshi NERIO
    Volume 13 (1979) Issue 1 Pages 14-40
    Released: September 14, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
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  • Eiji SEKINE
    Volume 13 (1979) Issue 1 Pages 41-55
    Released: September 14, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    On parle, dans la grammaire traditionnelle, de valeurs dites "générales" par rapport à plusieurs types différents de constructions nominales. Dans cet article, nous avons voulu dégager, parmi les expressions nominales, quelques distinctions grammaticales utiles à l'étude de l'expression du général, en considérant les généralités réalisées par les types différents comme celles de statuts différents.
    Nous distinguons d'abord au chapitre 1 le nom sans déterminant de celui qui est précédé par un déterminant (∅N / DN), avec l'introduction, à ce niveau d'opposition constructive, de la notion d' "actualisation" pour signifier, non pas une fonction référentielle, mais celle qui constitue un "objet de discours", présupposé d'existence (DUCROT) : un N non-actualisé (ex : un bruit de rames) exprime toujours une généralité absolue et virtuelle, celui qui est actualisé (ex : Le chien est carnivore) peut, à son tour, exprimer une généralité, cette fois, limitée et actuelle, si nous nous permettons de l'exprimer ainsi.
    A partir de l'examen de la notion de "détermination", nous avons au chapitre 2 deux sortes de distinctions. La première est une opposition représentée comme suit : déictique (à proprement parler) +N (CE+N) / article+N (LE(UN)+N), en ce sens que celui-ci peut exprimer le général, tandis que celui-là ne le peut pas, en principe. La seconde est une distinction représentée par l'opposition : LE+N / UN+N. Nous pensons en effet que les deux généralités obtenues par les deux séries diffèrent par degré de concrétisation et / ou abstraction d'une idée en question : à comparer : "Il est plus aisé de connaître l'homme en général que de connaître un homme en particulier".
    Nous nous occupons au dernier chapitre du problème de la catégorie du "nombre", afin d'observer en particulier la différence de généralités exprimées par LE+N / LES+N. Nous posons pour cela une hypothèse inspirée par le modèle guillaumien, selon laquelle le nombre peut être mis en opposition au niveau des "unités lexicales" (terme pris au sens plus large que d'ordinaire) : un mot mis au singulier et celui qui est mis au pluriel pouvant, à notre avis, être considérés comme deux lexiques différents. Autrement dit, les deux généralités, se situant au même degré—à un haut degré d'abstraction—, diffèrent par nature de saisie notionnelle : LES+N désigne toujours une catégorie d'"objet", LE+N pouvant, par contre, désigner une catégorie de non-objet, de "qualité" : à comparer : "C'est vraiment pénible de constater que les femmes sont les dernières à savoir ce qu'est la femme".
    Nous pensons enfin avoir montré que les deux distinctions—formelle et sémantique—ne sont jamais en contradiction, même dans l'expression du général. Il arrive seulement qu'au niveau des articles, en particulier, la distinction formelle laisse une grande latitude à la fixation exacte d'un sens, d'où viennent justement les difficultés de l'étude sur l'expression du général.
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  • Hideki MAEDA
    Volume 13 (1979) Issue 1 Pages 56-66
    Released: September 14, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    Dans les recherches linguistiques, TOKIEDA et SAUSSURE ont en commun l'idée que le langage ne constitue pas une substance (=chose en soi), mais des actions de forces physiologiques, psychiques, mentales. Par conséquent, la linguistique n'a pas non plus pour objet les choses qui sont naturellement données. L'existence des unités linguistiques suppose une opération très positive de l'esprit.
    Pourtant la notion d' "action linguistique" chez SAUSSURE est foncièrement différente de celle de TOKIEDA. L'essence de l'action linguistique, chez TOKIEDA, consiste dans la conceptualisation (=généralisation) des choses individuelles par la conscience des sujets parlants. Il pense qu'il y a dans le langage des associations successives qui lient les choses aux concepts et puis aux sons vocaux, et que le langage ne représente que les associations subjectives de ce type. Dans cette notion d' "action linguistique", la condition des sujets parlants est parfaitement active, et on peut aller jusqu'à dire que tous les sujets parlants possèdent la même compétence que, par exemple, celle des peintres qui généralisent les choses par les couleurs et les lignes.
    Mais, chez SAUSSURE, le rôle essentiel de l'action linguistique vis-à-vis de la pensée consiste dans la différenciation de notre expérience du monde. Et cette différenciation se traduit par la délimitation des unités significatives que fait la pensée dans la masse parlée qui est informe. « La pensée, de sa nature chaotique, dit SAUSSURE, est forcée de se préciser parce qu'elle est décomposée, elle est répartie par le langage en des unités ». Donc les sujets parlants, selon lui, produisent des différences quant aux données de l'expérience, et par cette production de différences, leur pensée est décomposée, c'est-à-dire devient consciente. Les différences significatives produites par les sujets parlants organisent à leur tour la pensée des sujets parlants.
    Malgré la similarité entre la théorie de TOKIEDA et celle de SAUSSURE, au moins quant à leur point de départ, on ne peut méconnaître la divergence très grave qui se fait jour dans leurs notions d' "action linguistique". Il me semble qu'il s'agit ici de deux manières de concevoir la reconstruction du monde par le langage. Et en prenant cette divergence en considération, on peut entreprendre une étude comparative utile et féconde de TOKIEDA et SAUSSURE.
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Notes
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Comptes rendus
Nécrologie
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Bibliographie
Résumés en français
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