Etudes de langue et litterature francaises
Online ISSN : 2432-3152
Print ISSN : 0425-4929
Volume 81
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Etudes en japonais
  • Daisuke KATAOKA
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 3-12
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    Chateaubriand, dans le Genie du Christianisme, fait l'apologie du christianisme en raison de sa beaute: attitude bien comprehensible pour le mouvement de retour au catholicisme apres la Revolution, dans lequel le sensible a joue un role essentiel. Mais il ne s'arrete pas toujours a la celebration de la richesse sensorielle; ce qui est a remarquer non seulement dans le Genie mais aussi dans tous ses ouvrages, c'est plutot la disqualification du monde sensible. De ce point de vue, sa << theologie poetique >> apparait comme iconoclaste, moins conforme au luxe du rite catholique que, bizarrement, a la << religion sans culte >> du protestantisme. Cependant il est vain de tenter de lier Chateaubriand a telle ou telle Eglise: dans sa << poetique des ruines >>, le salut integral du monde par la religion n'est absolument pas desirable. Il faut que des felures restent toujours irreparables, au travers desquelles il cherchera, ainsi que son Rene, << un bien inconnu >>, qu'il soit religieux ou non : Pascal considere Jesus-Christ comme le reparateur de la nature, tandis que l'auteur du Genie n'apprecie le christianisme qu'en tant qu'il fait apparaitre les felures que souligne l'acte de reparation. R. Barthes remarque dans l'ecriture de Chateaubriand << une schizophrenic naissante >>, c'est-a-dire une perte legere de l'evidence naturelle face a la realite. Cette reduction annonce le commencement de la litterature moderne, mais elle ne se comprend que par rapport a la tradition du christianisme qui, dans le Genie, n'est plus qu'un simple dispositif ouvrant une voie vers l'inconnu.
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  • Hiroyuki HARA
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 13-22
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    Dans l'oeuvre de Nerval, on retrouve souvent le theme d'apparition. De quel sens du mot << apparition >> s'agit-il? Avant << Sylvie >> (l853), c'etait toute sorte d fantomes du passe qui lui echappaient par la force du destin. L'ecrivain, faudrait-il preciser que c'est Nerval et non pas Gerard, s'enfermait dans son fantasme. Ce qu'il ecrivait tournait trop << dans un cercle restreint >> parce que Nerval nourrissait son ecriture de sa << propre substance >>. Vers la fin de l'annee l853, dans une chambre de la maison de sante de Passy, le heros d'Aurelia inscrit, sur le mur, un signe materiel, pour commemorer l'<< apparition >> d'une deesse qui lui a accorde un pardon absolu. Tout se passe comme si le heros, le narrateur et le << scripteur >> se rejoignent. Delivre des fantomes, il ouvre les yeux sur l'avenir pour achever une oeuvre monumentale. Dans cet article, nous teutons une lecture, ou plutot un decodage des trois signes que Nerval a laisses dans son ouvrage Aurelia: << Mnemosyne >>, << l'apparition d'une deesse >> et << myosotis >>. Il sont autant de messages que Nerval a confies a la memoire de lecteurs a venir. Ceux-ci en feront des evenemnents singuliers chaque fois a renouveler. Nous pouvons lire dans son dernier texte ainsi que dans son dernier itineraire, le desir fondamental de Nerval pour la continuite et le lien eternel oeuvres dans la litterature.
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  • Osamu NOGUCHI
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 23-33
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    Des son installation a Paris, Mallarme fait les reportages sur les Expositions internationales de Londres en l87l et en l872. Mon etude a pour but de les interroger dans le contexte politique et culturel du XIX^e siecle. Lors de l'Exposition de l87l, Les Francais sont saisis par l'exhaltation nationaliste qui a suivi la guerre franco-prussienne et la commune de Paris. En de telles circonstances, Mallarme m'a semble reagir non pas comme poete, mais comme un journaliste ordinaire. Ce qui caracterise ses reportages, c'est le discours journalistique. Cette strategie journalistique lui permet de s'eloigner de la tension politique. A travers ses reportages, Mallarme juge necessaire la << fusion de l'art et de l'industrie >>, qui annonce le theme des Expositions. Dans les annees l860, l'art industriel a vise une democratisation, par l'introduction de la technologic. En tant que journaliste, il suspend ses prises de position aristocratiques de sa jeunesse. Mallarme fait des reflexions penetrantes sur les objets exposes. Il s'agit la d'une sorte de vacance de la force creatrice. Il declare: << nous n'avons rien invente, en fait de mobilier, depuis la fin du siecle dernier. >> D'autre part, il accorde de l'importance a des reproductions diverses, qui constituent la plupart des objets exposes. Leur emergence est consideree comme une perte d'authenticite. A ce sujet, les reportages mallarmeens ont la meme vision que la pensee de Benjamin. Ce que Mallarme a vu dans les etalages, c'est une figure deformee et tordue de la modernite.
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  • Toshihiro KOKUBU
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 34-46
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    A l'exception des pieces de theatre, Raymond Roussei ecrit presque toutes ses oeuvres a la premiere personne, mais le narrateur n'apparait guere dans le texte: le << je >> fonctionne comme un simple cadre du recit. Mais il est bien curieux et paradoxal que cet auteur qui invente cette sorte de rejet du << sujet >> que constitue le << precede >>, s'attache tant a ecrire en disant << je >>. Or, si on observe de plus pres ses textes, on constate que l'utilisation de la premiere personne est essentielle et meme indispensable chez lui. En effet, dans la description, Roussei utilise abondamment des embrayeurs tels que << ici >>, << au loin >>, << la-bas >>, << maintenant >>, << ensuite >>, << a present >> etc. Ces indications qui suggerent la presence du narrateur montrent bien un profond ancrage du <<je>> dans le texte, ne serait-ce que virtuellement. La Doublure, le premier livre ecrit a la troisieme personne compte egalement beaucoup d'embrayeurs. Ecrite ou non a la premiere personne, l'oeuvre de Roussei repose done essentiellement sur la presence du sujet de l'ecriture. De fait, on ne peut ecrire qu'a la premiere personne. Et le << je >> chez Roussei, personnage completement vide, peut etre considere comme une expression de la subjectivite radicale cachee dans la structure meme du langage. Dans la creation litteraire, le sujet qui parle n'existe pas a priori, mais se forme avec les mots. Le << je >> est a la fois la source et l'effet de l'enonciation. Man ame, premier poeme de Roussei, presente de ce point de vue un exemple tres interessant. Dans ce poeme en vers, Roussel decrit son << ame >> en la comparant a une usine ou le << double >> du poete en miniature << fabrique >> les vers. Le texte presente ainsi un jeu de miroir dans lequel le << je >> ecnvant se cree par le << je >> ecrit. C'est le rapport mouvant entre le << je >> de l'enonciation et le << je >> enonce qui est litteralement mise en scene dans ce texte.
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  • Fumiyasu KATAYAMA
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 47-60
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    Lors de son 16^e seminaire D'un Autre a l'autre (inedit), Lacan traite le fragment de Pensees que Il'on appelle << le pari de Pascal >>. Au libertin qui refuse de jouer, Pascal dit: << vous etes embarque >>. Le libertin recherche des plaisirs passionnels dans la vie. Ces actes de recherche sont deja des actes de pari, et c'est le desir qui les motive. Par consequent, leur objet recherche n'est point terrestre, mais il doit etre transcendant, c'est-a-dire, << une infinite de vie infiniment heureuse >> que nous assurerait l'existence de Dieu. C'est ainsi que notre desir est le desir de Dieu, c'est-a-dire, le desir de l'Autre. << Vous etes embarque >>, cela veut dire que la structure est deja fondee. L'essentiel du pari reside dans l'incertitude du gain ou de la perte. Pour autant que le pari reste terrestre, son objet vise lui aussi le sera, et le resultat sera etabli tot ou tard. Mais, quand il est joue autour de l'existence de Dieu, son objet sera transcendant, et on ne saura jamais si on est gagnant ou perdant: l'incertitude ici sera complete et definitive. Parier sur un Dieu dont on ne peut etre certain de son existence ni de sa nature, veut dire << agir en conformite avec son desir >>, le desir qui vient de la structure, le desir de l'Autre. Le Dieu de Pascal est par excellence structural.
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  • Shuichi TAKEUCHI
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 61-72
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    On sait que, juste apres la liberation de Paris, une polemique a oppose deux ecrivains resistants sur la question des collaborateurs. Face a l'epuration, Francois Mauriac prechait, dans les editoriaux du Figaro, le << pardon >> et la reconciliation des Francais tandis qu'Albert Camus, redacteur en chef de Combat, insistait sur la necessite de faire justice pour reconstruire le pays, approuvant meme les condamnations a mort. Or, apres avoir constate l'echec de l'epuration, l'auteur de la Peste a admis plus tard que c'etait Mauriac qui avait eu raison contre lui. Notre propos est d'examiner les traces de cette polemique dans le texte de l'Homme revolte ou Camus, d'apres ses propres dires, analyse les contradictions qu'il avait alors vecues. Cette reflexion est visible d'abord dans le chapitre intitule << le regicide >>, qui traite du proces de Louis XVI, car, en decrivant la pensee et l'action de Saint-Just, le << jeune procureur du roi >>, Camus recourt aux termes memes et a la logique dont il se servait pour justifier l'epuration. Il n'est pas exagere de dire que ce jeune revolutionnaire qui utilise l'echafaud pour << epurer >> la republique est le double du jeune Camus qui, dans le journal dont le sous-titre etait: << De la resistance a la revolution >>, souhaitait que la France ait << les mains pures >>. Mais il nous semble egalement possible de discerner une influence plus generale du debat concernant l'epuration dans l'ensemble de l'essai. Pour l'auteur de l'Homme revolte, en effet, l'histoire a partir du regicide peut se resumer comme une << lutte entre la grace et la justice >>. Nous soutenons que cette vision camusienne de l'histoire s'est forgee a travers la polemique contre le chretien Mauriac.
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  • Noriko SATO-HIRAIWA
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 73-83
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    Louis-Rene des Forets dit que l'auteur et le lecteur coexistent en lui lorsqu'il ecrit, et que << cette dualite dont chacun des termes exclut radicalement l'autre exclut du meme coup toute appartenance a un moi personnel >>. Il n'est done pas etonnant que le lecteur occupe souvent une place determinante dans son oeuvre. Le narrateur du Bavard raconte comment se deroulent ses crises de bavardage, mais en parlant de son desir de parler, il se livre aussi a ce desir. En ce sens, le lecteur de ce recit n'est qu'un interlocuteur idealise dont le bavard a besoin pour assouvir son desir-il est son double qui ne le trahit jamais et ne montre aucune reaction. Le heros d'<< Une memoire dementielle >> se met a ecrire son << revesouvenir >> pour que le lecteur inconnu puisse le lire, et a << faire du passe un present perpetuel >> en employant le present historique: il tente ainsi de donner une illusion de simultaneite et de realite a son souvenir quasifictionnel. Ces deux recits suscitent une confusion entre le contenu narre et l'acte de narration en invoquant le lecteur reel qui, par definition, ne peut que recevoir unilateralement le texte qu'on lui presente. Le troisieme recit que nous abordons, << Dans un miroir >>, est encore different : ici, le lecteur devient un des personnages et interroge l'auteur sur le sens du texte. Un jeune garcon fabrique l'histoire fictionnelle de << Louise >> afin que sa cousine s'y retrouve, mais celle-ci, a son tour, devoile la falsification de l'auteur qui projette ses propres situations sur les personnages. Ce recit allegorise ainsi le rapport entre l'auteur et le lecteur autour du texte, dans lequel chacun d'eux voit l'image de l'autre et, en meme temps, l'image de soi. Hante par la dualite interieure, des Forets pensait qu'ecrire n'est rien d'autre que se faire lire. Il explore, a travers ses recits, la possibilite d'aller au-dela de la fiction, et d'y faire participer le lecteur comme complice secret.
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  • Yuka YAMANE
    Type: Article
    2002 Volume 81 Pages 84-95
    Published: October 21, 2002
    Released: August 11, 2017
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    Le present article vise a mettre en lumiere la construction grammaticale du verbe trouver avec un attribut (ex. Il sera content de trouver le lit defait). Dans l'analyse traditionnelle, l'attribut dans cette construction est considere comme un element facultatif par rapport a son sujet semantique. On peut pourtant trouver des exemples qui deviendraient inacceptables si l'on supprimait l'attribut. Nous essaierons de demontrer que l'attribut n'a pas de relation semantique directe avec le verbe principal, dans la mesure ou la sequence << objet direct + attribut>> constitue une unite ou un bloc semantique. Nous proposons ainsi l'analyse suivante: dans cette construction, la sequence << objet direct + attribut >> constitue le deuxieme actant du verbe, qui represente un contenu propositionnel. En d'autres termes, ce que trouve le referentsujet, ce n'est pas seulement une entite designee par l'objet direct, mais une situation composee d'une entite et de son etat, exprimee par la sequence << objet direct + attribut >>. Ce contenu propositionnel a un caractere evenementiel qui lui permet ainsi de fonctionner en tant qu'unite semantique. On peut aussi signaler des cas ou l'interpretation evenementielle n'est pas adequate et ou l'attribut exprime, en tant qu'element predicatif ajoute, l'etat de l'objet au moment ou on le trouve. Nous considerons que cette lecture ne concerne que des cas ou les circonstances contextuelles ou pragmatiques empechent la sequence << objet direct + attribut >> de fonctionner comme une unite semantique.
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