Etudes de langue et litterature francaises
Online ISSN : 2432-3152
Print ISSN : 0425-4929
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Volume 89
Showing 1-27 articles out of 27 articles from the selected issue
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Etudes en francais
Etudes en japonais
  • Junichi ARAYA
    Type: Article
    Volume 89 (2006) Pages 125-137
    Released: August 11, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    La question: ≪qu'est-ce que la litterature?≫ est tenue pour une sotte question que l'on ne pose plus. Apparemment essentialiste, elle est en effet de peu d'interet, sauf si elle invite a interroger l'etre de la litterature dans son historicite. Le terme ≪litterature≫ n'a acquis l'acception actuelle qu'a une epoque assez tardive, et la notion de ≪litterature≫ ne releve pas de l'eternite. Le changement du vocable - des belles-lettres a la litterature - nous fournit un cadre d'interrogation, sans pourtant couvrir l'etendue de tout le probleme. L'historicite de la litterature ne se profile que si l'on voit entre belles-lettres et litterature moins une relation de continuite que celle de rupture. Les belles-lettres etaient constamment encadrees par la rhetorique, qui, bien au-dela du classement des ≪figures≫, ne representait rien de moins qu'une vision du monde: l'elocutio, sphere du sensible, y sert toujours l'inventio, qui est un ordre de l'intelligible charge de maitriser le sensible. Dans la litterature, qui defie la rhetorique, les mots cherchent leur propre gloire sans se devouer au sujet fixe par l'inventio. C'est cette rupture qui ouvre la voie a l'histoire litteraire. Celle-ci a ete rendue possible par la liberation de l'art d'ecrire de la normativite rhetoricienne. Et c'est paradoxalement cette rupture qui a permis d'assurer la continuite litteraire englobant belles-lettres et litterature. Cette operation retrospective a, en reaction, incite certains chercheurs a ecrire une autre histoire litteraire, celle qui suppose la perennite de la tradition rhetoricienne sous-tendant toute la litterature. Ces deux demarches procedant en sens inverse ne sont pas sans rapport avec les dissentiments ideologiques qui se manifestent dans l'interpretation de la societe post-revolutionnaire.
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  • Atsushi YAMAZAKI
    Type: Article
    Volume 89 (2006) Pages 138-155
    Released: August 11, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    La ≪bestiaire≫ de Flaubert est d'une richesse et d'une diversite impressionnantes: betes domestiques dans Madame Bovary, fauves dans Salammbo, animaux massacres dans Saint Julien, monstres fantasmatiques dans La Tentation. On peut y ajouter tous les ≪personnages≫ animaux, qui tendent a brouiller, par leur figure etrange et chimerique, la frontiere tracee entre homme et animal (le perroquet d'Un coeur simple, le chien de la premiere Education sentimentale et Djalioh, l'homme-singe de ≪Quidquid volueris≫). Les animaux foisonnent egalement dans son dernier roman. Dans leur parcours encyclopedique, Bouvard et Pecuchet se trouvent parfois confrontes au monde animal. Dans la premiere partie, je m'applique a mettre en lumiere la facon dont ils font des animaux le sujet de leurs experiences physiologique et biologique. Les documents consultes par Flaubert pour la mise en scene de ces dernieres renvoient a des contextes epistemologiques historiquement assignables: celui dans lequel Claude Bernard a elabore son discours en faveur des vivisections animales, celui dans lequel Buffon a ete porte a faire une serie d'experiences d'hybridation, etc. Quels sont les presupposes ideologiques inherents a ces experiences sur les animaux que Flaubert fait cruellement ressortir a travers les tentatives des deux autodidactes et sur le mode de la citation parodique? La conception de l'animal qui se degage de leur attitude experimentaliste s'inscrit dans la theorie cartesienne des ≪animaux-machines≫. Or, Flaubert, rassemblant une vaste documentation philosophique, a attache une attention particuliere a la question de l'≪ame des animaux≫, telle qu'elle a ete formulee par Descartes et par des cartesiens comme Malebranche ou Bossuet. Dans la deuxieme partie, je me propose d'analyser une page de la note de lecture dans laquelle il a reuni quelques citations sur cette matiere. Quels elements discursifs a-t-il retenu dans sa recherche documentaire pour les redistribuer dans une forme narrative? Son invention romanesque consiste dans la precision subtile avec laquelle il a articule la question de l' ≪ame des animaux≫ autour de l' ≪hypnose≫. Il deplace la question ≪les animaux ont-ils des ames?≫ vers la question ≪peut-on les hypnotiser?≫, et cela precisement pour joindre deux champs de savoir aussi heterogenes que le magnetisme et la philosophie. La question de l' ≪ame des animaux≫ se trouve ainsi posee au centre des frottements de ces disciplines, au point ou les savoirs se heurtent, se nouent et se denouent.
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  • Nozomu MAENOSONO
    Type: Article
    Volume 89 (2006) Pages 156-170
    Released: August 11, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    L'oeuvre poetique d'Andre Breton a ceci de caracteristique qu'elle profite de l'element visuel evoquant un certain mouvement. Plus precisement, la disposition apparemment normale des lettres, au contraire du calligramme, n'est pas picturale. Elle se dessine devant les yeux du lecteur comme une ligne de mouvement grace aux mots-declencheurs. Ceci se presente sous la forme d'un deplacement reduit a sa forme la plus essentielle, mais n'en demeure pas moins vital. Tel est ce que nous voudrions appeler le ≪principe de la genese≫. Ainsi, le passage d'un nuage se voit reduit en deplacement horizontal des points de suspension. Il en va de meme pour le mot ≪Ricochets≫, apparaissant lui-meme regulierement dans un poeme comme s'il poursuivait la trace de ricochets sur un lac. Dans le cas du poeme ≪La maison d'Yves≫(1939), le changement de proportion du refrain, son accroissement regulier, ainsi que la recurrence de la strophe principale evoquent l'augmentation du premier plan dans les tableaux d'Yves Tanguy de 1935 a 1939. L'element visuel privilegiant le mouvement au detriment de la forme dans le texte permet de depasser la dialectique des lettres partielles et des formes dans leur entierete. Il n'est done plus question de choisir de lire le texte ou de regarder l'image, l'acte meme de lecture permettant la perception de l'effet visuel au travers des pages. Nous assistons done a l'ouverture de l'espace absolu de l'art ou la poesie et la peinture coexistent sans aucune contradiction. En dechiffrant des masses de lettres, le lecteur peut visuellement saisir ce mouvement invisible qui reste cependant une realite objective, de par l'accessibilte de sa nature. Get espace artistique n'est autre que la ≪realite absolue≫ dans laquelle Breton nous invite au travers du poeme, de la peinture, ainsi que, surtout dans les annees 1930, de l'objet d'art.
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  • Takayuki NAKAMURA
    Type: Article
    Volume 89 (2006) Pages 171-183
    Released: August 11, 2017
    JOURNALS FREE ACCESS
    Bien qu'Edouard Glissant soit aujourd'hui celebre pour sa pensee du ≪Tout-Monde≫, sa demarche litteraire reste peu connue du public, si l'on excepte un certain nombre d'ecrivains et les chercheurs. Cette etude se donne pour but de mettre en relief le theme de la reappropriation du passe qui impregne toute son oeuvre, a partir de la lecture de son deuxieme roman, Le Quatrieme Siecle (1964). Le Quatrieme Siecle, recit en quete de la memoire confisquee par la colonisation, met en scene deux protagonistes: Mathieu Beluse et papa Longoue. A la recherche de la memoire brisee, le premier oppose souvent sa conception du passe a celle du dernier. Pour le jeune historien qu'est Mathieu, le passe peut et doit etre reconstitue comme des faits etablis par la methode scientifique. Papa Longoue, sorcier, encourage Mathieu a ≪voir≫ le passe a la facon du voyant. Au bout de ces deux visions antagoniques, on decouvrira chez papa Longoue l'idee d'une ≪vision prophetique du passe≫, destinee a produire une imagination de ce qui s'est passe, a partir des traces laissees par le passe, grace a l'inspiration poetique. C'est ainsi que papa Longoue initie Mathieu a la connaissance du voyant. Mais la synthese des deux visions opposees provoque chez Mathieu une crise spirituelle qui le conduit a renoncer a l'ecriture de l'histoire. Le Quatrieme Siecle temoigne des difficultes rencontrees dans le proces de reappropriation de la memoire dans les pays colonises. Ce roman offrirait aussi l'occasion de repenser la notion d'histoire, a cette epoque ou les pouvoirs tentent a nouveau d'effacer de l'histoire officielle la memoire de l'autre.
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