Studies of French Language and Literature in Kansai
Online ISSN : 2433-1864
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La conscience et la narration dans Compagnie de Samuel Beckett
Taiki IWANAGA
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2015 Volume 21 Pages 15-26

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 Plusieurs critiques remarquent qu’une des singularités des œuvres de Samuel Beckett est une structure très riche qui se développe à partir d’éléments racontés extrêmement pauvres. En même temps, d’autres essais d’interprétation affirment que ces éléments présentent néanmoins une richesse du point de vue du contenu. Dans notre étude, nous nous proposons d’éclaircir la relation entre ces deux types de richesse en analysant la narration de Compagnie, l’une des dernières œuvres de Beckett. Quelle que soit la personne grammaticale du pronom employé, l’identité du sujet n’est jamais clairement établie dans ce roman, et cette indétermination procède pour ainsi dire d’une dissipation de l’identité. Autour de ce vide symbolique s’accumulent des affaires qui sont également vides, puisqu’aucun sens ne leur est donné par le narrateur. Même si les éléments racontés sont absurdes, on peut dire que le narrateur lui-même est subordonné à une situation symbolique, et que ce lien est justement ce qui détermine la narration. Dans ce sens, cette méthode consistant à faire tenir le discours dans un cadre symbolique constitue en elle-même un lien fondamental permettant de réaliser l’unité de la forme et du contenu, et de déterminer ainsi la cohérence de l’œuvre.

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© 2015 Japanese Society of French Language and Literature in Kansai
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