2026 Volume 32 Pages 43-54
Cet article se propose d’aborder la notion de « dramatisation » dans L’Expérience intérieure (1943) de Georges Bataille comme une méthode menant à l’expérience intérieure. Faisant reposer son propos sur l’exemple du supplicié chinois, Bataille comprend la dramatisation comme un processus d’identification à un objet. L’analyse du « POST-SCRIPTUM AU SUPPLICE » montre toutefois que cette identification ne produit qu’une « extase devant un objet », laquelle est jugée partiellement manquée. L’article soutient que la dramatisation comporte deux étapes : une première phase d’imitation non discursive visant à l’identification, puis une seconde, celle de la « contestation », par laquelle l’objet est nié et aboli. Cette contestation suspend la pensée discursive et conduit à l’extase, vécue comme une expérience du non-savoir, où le sujet et l’objet sont dissous.