Studies of French Language and Literature in Kansai
Online ISSN : 2433-1864
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Beckett et Baudelaire :
ironie, transcendance et conscience de soi
Taiki IWANAGA
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2026 Volume 32 Pages 67-78

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 Ce que l’on voit dans la critique de Beckett sur Baudelaire, c’est l’image d’un Baudelaire comme poète des « correspondances ». Or Beckett considérait que tenter de réaliser des correspondances par l’entendement, à la manière de Baudelaire, relevait de l’arbitraire. Face à l’impossibilité de représenter l’absolu, l’écrivain adopte une stratégie consistant à prendre une attitude ironique à l’égard de la représentation. Pourtant, malgré cette critique de Beckett, une attitude similaire se retrouve dans la littérature de Baudelaire. L’on peut ainsi considérer son poème « Obsession » comme une prise de distance par rapport à « Correspondances ». Par ailleurs, dans « De l’essence du rire », le « comique absolu » est présenté comme un outil littéraire qui conduit l’homme à la conscience de l’impossibilité d’atteindre l’absolu. Beckett traite exactement la même problématique dans Murphy, dont le protagoniste éponyme est conduit, à la fin du récit, à l’impossibilité de réaliser son idéal. Ainsi, bien que Beckett et Baudelaire semblent n’avoir à première vue que peu de liens, ils partagent en réalité une vision critique des systèmes représentatifs, vision que l’on peut qualifier d’ironie.

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