Kenichiro Hirano a proposé une liste de quatre types d’intégration résultant de l’acculturation : assimilation, incorporation, isolation et fusion. Cependant, des exceptions peuvent survenir dans la figure interculturelle de la mentalité individuelle. Cet article vise à proposer un nouvel exemple d’intégration en retraçant l’influence de Shinobu Orikuchi et de Marcel Proust sur l’essai Kurokamiyama de Tatsuo Hori.
Hori a écrit Kurokamiyama après avoir visité Nara, où se déroule Le Livre des Morts d’Orikuchi. Cependant, le thème bouddhiste du Livre des Morts y est atténué, et l’accent y est mis sur le thème animiste du Japon ancien symbolisé par le Man’yōshū. Avant de lire Orikuchi, Hori avait lu Marcel Proust, et on peut considérer que le thème animiste celtique d’À la recherche du temps perdu s’est reflété dans sa lecture d’Orikuchi. En conséquence, Kurokamiyama témoigne simultanément des influences d’Orikuchi et de Proust. Dans cette oeuvre, Hori erre dans la montagne de Nara et unifie le monde des vivants et celui des morts. Cette intégration animiste devient une nouvelle forme d’intégration propre à la figure interculturelle de la mentalité individuelle, grâce à laquelle les deux cultures se fondent en une seule et le dualisme est surmonté.