Cet article se propose de remettre en revue les emplois de l’imparfait qui ne dénote pas la simultanéité avec un autre événement décrit dans l’environnement textuel avoisinant. Nous regroupons ces emplois en trois catégories. Dans la première catégorie entrent des emplois tels que Il était tout différent du garçon qu’il était trois mois auparavant. En développant l’analyse avancée dans Tôgô (2007) selon laquelle le système temporel du français se compose de deux zones, nous considérons cet emploi comme imparfait de discours incrusté dans du récit. Pour ce faire, nous mettons en lumière le mécanisme de la concordance des temps dans le discours et essayons d’expliquer pourquoi l’imparfait n’est pas sujet à la règle de la concordance des temps, s’il y en a. La deuxième catégorie correspond à des emplois tels que Il mourut à l’âge de 50 ans. Il fumait deux paquets de cigarettes par jour. Bien qu’il apparaisse dans une phrase indépendante à la différence du premier emploi, nous pensons pouvoir analyser cet emploi de la même manière que le premier. Enfin, la troisième catégorie est représentée par un exemple tel que Jean tourna le robinet. L’eau jaillissait. A la différence des deux premiers emplois, cet imparfait dénote un point temporel postérieur à un autre événement. Nous croyons qu’on a là un emploi ordinaire de l’imparfait de récit ; seulement le point de référence R avance à la suite de l’événement décrit par la première phrase. Pour que cet emploi passe la barre, il faut qu’il y ait un sujet (explicite ou implicite) porteur du point de vue.