2017 年 23 巻 p. 15-26
Le recueil de Charles Perrault, Histoires ou contes du temps passé. Avec des moralités(1697), dépeignent un monde onirique où règne la féerie et qui a donc un caractère différent de celui de la mythologie gréco-latine. Si l’on considère qu’au XVIIe siècle, Perrault était surtout connu comme l’animateur du parti des Modernes dans leur Querelle avec les Anciens, une question se pose : ce merveilleux féerique qui imprègne les Contes correspond-il à une attitude moderne opposée aux usages de la mythologie païenne ? La question n’est pas évidente, parce que les textes de Perrault écrits autour de la Querelle montrent que ses idées sur le merveilleux n’étaient pas si simples, et qu’il avait même admis les divinités gréco-latines dans sa défense de l’opéra. Or, à cette époque-là, les théoriciens de la littérature, qui pour la plupart étaient affiliés au parti des Anciens, s’employaient à établir les règles communes, et la question du merveilleux en constituait un des plus grands enjeux. Dans cet article, en examinant les arguments de Perrault à la lumière des recherches théoriques du XVIIe siècle sur le merveilleux, nous montrons que ses idées sur le sujet recoupent paradoxalement les lignes directrices de l’art poétique classique, en même temps qu’elles ajoutent une nouvelle dimension surtout morale à la discussion.