La langue japonaise comporte un type d’adjectifs qui se caractérise par l’existence d’une paire de désinences, -i /-tai, comme omoi / omotai, auxquelles il semble difficile d’assigner des sens distincts, bien que les synonymes, dans les systèmes de langue, ne puissent être strictement équivalents. D’autre part, on constate en français l’existence d’un datif dit « étendu », qui peut être ajouté à une proposition sans en modifier le sens. Ces deux structures, japonaise et française, ont en commun de contenir un élément qui n’est pas requis au niveau de l’actance.
L’objet du présent article est de clarifier la nature des adjectifs en –tai, qui diffèrent de la forme standard –i. À cette fin, nous cherchons à déterminer comment et pourquoi un datif étendu apparaît dans le type de phrase où ils figurent. Il en résulte cette hypothèse : l’élément surnuméraire de ces deux structures ne se situe pas au niveau actanciel, mais à un niveau supérieur, celui de la modalité du dictum. Ainsi la phrase n’exprime plus tant la proposition ellemême que le rapport entre cette dernière et le sujet impliqué par l’élément considéré.