抄録
Dans cet article, nous reflechissons aux phenomenes de contact entre les cultures d'enseignement-apprentissage francaise et japonaise en nous centrant principalement sur la problematique de l'ethique. Partant du postulat que la contextualisation de l'enseignement-apprentissage d'une langue-culture implique qu'enseignants et apprenants se creent une culture commune d'action, nous nous interessons aux principes mis en oeuvre par les enseignants natifs pour mener leur action dans ce processus de co-culturation. En opposition a une certaine forme idealisante du discours interculturaliste, nous defendons ici la these que le conflit, loin d'etre intrinsequement negatif, peut constituer un processus positif d'evolution. Ainsi, le constat empirique et theorique des limites de l'approche interculturelle pour penser l'action de l'enseignant dans la rencontre interdidactique, nous amene a emettre, puis a valider l'hypothese-grace a une enquete par entretiens-du recours a une ethique de la conviction dans la pratique des enseignants natifs. Ce resultat, en meme temps qu'il montre l'importance des valeurs dans la maniere dont l'enseignant concoit sa pratique, invite a conceptualiser l'antagonisme de la double centration sur l'apprenant et l'enseignant, avec les conflits que cela suppose et engendre.