フランス語フランス文学研究
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研究論文
モンテーニュと「自己愛」
「自己知」の探求
山本 佳生
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2026 年 129 巻 p. 39-53

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抄録

Montaigne et la “philautia”

Recherche de la “connaissance de soi”

Yoshio YAMAMOTO

 

  Pour Pascal, Arnauld et Nicole, l’autodescription et l’auto-thématisation entreprises par Montaigne étaient une conséquence de l’amour de soi et devaient être condamnées. Or, comment l’amour de soi, ou l’amour-propre a-t-il été compris dans le contexte de la philosophie et de la religion occidentales ? Dans cet article, j’aimerais commencer par passer en revue la compréhension conceptuelle de l’amour de soi depuis l’Antiquité.

  Dans le monde hellénistique, y compris chez Aristote, l’amour de soi était associé à l’exhortation de vertu, tandis que l’interprétation dérivée de Saint Augustin reconnaissait l’« amour de soi » comme l’antagoniste de l’« amour de Dieu ». Ces deux courants ont bien influencé les humanistes de la Renaissance.

  Avec ses Adages, Érasme n’a pas utilisé le terme « amor sui » pour décrire l’amour de soi, mais il a plutôt employé le mot grec « philautia ». Dans l’adage « Nosce teipsum » surtout, il a montré que ce précepte delphique aide à échapper au vice de l’amour-propre.

  En empruntant plusieurs adages d’Érasme, Montaigne souligne plutôt que l’amour de soi rend les gens aveugles à leurs propres défauts. D’ailleurs, il estime que le fait d’exposer ses propres lacunes et son incompétence peut éviter de tomber dans l’arrogance. Cette autodescription peut être comparable à la dialectique socratique, qui expose l’ignorance des interlocuteurs pour parvenir à la vérité. De ce point de vue, Montaigne a présenté son œuvre, non comme produit de l’amour de soi, mais comme fruit de la « connaissance de soi ».

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